Lundi, Bertille est arrivée, elle a entrepris de me « décoincer » un peu ; je ne sais pas ce qu’elle veut dire par là. En tant que cousine aînée, je me sens un peu responsable d’elle et j’ai passé de nombreuses heures en sa compagnie. Veiller seulement à ce qu’elle ne dise pas une grossièreté par phrase m’a épuisée.
Mardi, Côme a voulu que nous ayons un rapport sexuel. Je n’ai pas été habituée à ce qu’il me sollicite en pleine semaine et j’ai été incapable de me mettre en condition. Sa barbe de la journée m’arrachait les joues, il n’arrivait pas à dégrafer mon bustier et pour finir je me suis écriée : « Je suis désolée très cher mais je ne peux pas, débrouillez-vous tout seul ! » Je l’ai planté là et je suis allée dormir sur le canapé. Le lendemain, au petit-déjeuner, il a boudé comme un enfant.
Mercredi, Aloysius a eu la diarrhée toute la journée. Alors que j’avais rendez-vous pour un massage confort et bien-être à l’huile Relax chez Clarins j’ai passé la journée à me laver les mains enduites des étrons liquides de mon fils. Shana et moi n’osions pas nous regarder tandis que nous courrions aux quatre coins de la maison pour attraper des lingettes, des couches, des serpillières. Après le passage du médecin, à 18 heures, Aloysius s’est enfin endormi : j’avais les mains râpeuses et les nerfs en pelote. Shana m’a demandé sa soirée pour aller à un dîner avec Cindy. J’ai refusé sèchement et je suis allée me coucher sans attendre le retour de Côme.
Jeudi, j’ai pleuré toute la journée parce que Framboise, au téléphone, s’était encore moquée de Côme. Le soir, alors que j’avais senti tant de compassion pour lui dans mes larmes, j’ai pourtant ignoré les efforts de réconciliation de mon époux et j’ai regardé un Western à la télévision.
Vendredi, j’ai décidé de sauver mon couple et j’ai préparé le plat préféré de mon mari adoré. Nous avons bu du rosé et dîner aux chandelles. Avant de dormir, il m’a dispensé un long baiser délicieux (il s’était rasé pour épargner ma peau sensible) et nous nous sommes assoupis dans les bras l’un de l’autre.

RECETTE des PIEDS PAQUETS (pour 6 personnes) :
Une tripe de mouton et huit pieds (de mouton) soigneusement
nettoyés. Les pieds ont été flambés et blanchis.
Découper dans la tripe des carrés de sept ou huit centimètres
de côté et pratiquez une petite incision à l’un des coins.
Déposez au centre une cuillère de hachis (cent grammes de
petit salé avec deux gousses d’ail, du persil, un anchois et
du poivre). Replier chaque morceau en enfermant bien le
hachis. Faire passer la peau par l’incision et replier. On peut
aussi ficeler le paquet avec du fil (ce qui est plus facile).
Dans un plat en fonte, faire revenir un poireau et un oignon
émincé ; rajouter une carotte en tranches, trois tomates
hachées et un oignon piqué de deux clous de girofle.
Mouiller avec un litre de vin blanc et deux litres de bouillon.
Déposer d’abord les pieds au fond puis les paquets dessus
et faites bouillir.
Ajouter un bouquet garni, deux gousses d’ail écrasées, du
sel, du poivre, un piment oiseau et de l’écorce d’orange.
Recouvrir et laisser cuire doucement six à sept heures.
Coiffure : Nagi Noda




